Les organisations supranationales africaines toxiques aux peuples : l’exemple de la CEDEAO au Mali

« L’union fait la force » a dit un jour Ésope, l’Africain. Alors on pourrait s’attendre à ce que cette vérité se traduise dans la vraie vie. Si sous d’autres cieux, ceci est le cas, en Afrique, c’est le contraire qu’il nous est donné de constater. Les organisations sous-régionales et africaines au lieu de former ce bouclier qui empêche le vent du nord de dévaster l’Afrique se courbent et aident même parfois l’ennemi à souiller le continent noir. C’est dans la peinture ce tableau faite de traitrise, de lâcheté et bêtise qu’il faut inscrire les dernières actions de la CEDEAO contre le Mali. Quel culot pour cette organisation émasculée de « chefs de tas » corrompus et mal élus, de penser qu’elle jouirait d’une once de légitimité lui permettant d’imposer une quelconque sanction à un peuple africain ! C’est en tout cas ce que cette prise de parole essayera de montre en trois temps.

  • Le manque de légitimité de la CEDEAO

Dans un précédent article intitulé « Qu’est-ce qui mine la CEDEAO[1] ? », nous avions tenté de montrer les forces négatives qui empêchent l’organisation ouest-africaine de défendre efficacement les intérêts des peuples africains et qui la poussent à une politique extravertie, tournée vers les intérêts impérialistes. En d’autres mots, la CEDEAO refuse d’être l’instrument des peuples. Elle est une caisse de résonnance des volontés d’intérêts extérieurs à l’espace. Cet état de fait la délégitime auprès des populations.

Aussi, les acteurs qui constituent le maillon décisionnel de l’institution sont pour la plupart illégitimes, mal élus ou usurpateurs du pouvoir politique par la force ou par la ruse. C’est le cas dans presque tous les pays anciennement colonisés par la France. Dans ces pays gangrénés par la pauvreté, la famine, le népotisme, la dictature etc, lorsque les peuples fatigués se soulèvent et chassent la marionnette de l’impérialisme occidental, quand un peuple se soulève contres ces toquards politiques et que les collègues tocards politiques au sein de la CEDEAO se réunissent et exigent au nom de l’ordre constitutionnel le rétablissement du bandit pantin politique, il est clair comme le nez dans le visage que la CEDEAO se trompe de rôle : la démocratie étant un « Système politique, forme de gouvernement dans lequel la souveraineté émane du peuple[2]» au nom de quoi, le peuple malien n’aurait-il pas le droit de chasser un président incapable de gérer le pays dans l’intérêt exclusif des Maliennes et des Maliens, et de ceux avec qui le Mali partage son destin ? Qui est-ce qui est au-dessus du peuple dans une démocratie ? La conception de la démocratie de la CEDEAO ressemble fort au système de gouvernement du Léviathan. Mais alors, il faudra s’assumer jusqu’au bout : si le peuple échange sa liberté contre la stabilité, le bien-être, la sécurité etc, la CEDEAO et les présidents qu’elle défend devraient s’ils veulent être logiques avec eux-même s’assurer que les contreparties sont garanties. Le font-ils ? Non ! Et nous allons le prouver.

  • Pourquoi la CEDEAO devrait avoir honte et la fermée

Tout l’espace de la CEDEAO est à feu et sang. Le Mali, terre historique des grands empires ouest-africains, terre d’où l’Afrique devrait renaître, est souillé par une horde de mercenaires à la solde de puissances négatives. “Clearly, we cannot allow such a critical part of African history to die, because such a death would mean erasing an important link to our glorious past[3] Thabo Mbeki, alors président de l’Afrique du sud ne dira pas le contraire. Ces propos remontaient aux débuts des années 2000. Aujourd’hui, c’est cette partie du passé glorieux de l’Afrique qui est attaquée. C’est de cette partie du continent que l’ennemi a décidé d’en faire son avenir[4]. La terreur a consumé le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Nigéria, la Côte d’Ivoire. Tous membres de la CEDEAO. Les villages entiers sont rasés de la carte. Des milliers de personnes sont tuées. Des millions de personnes sont des déplacés internes. Selon UNHCR « plus de 1,3 million de Burkinabés sont devenus des déplacés internes en un peu plus de deux ans. Six pour cent de la population du Burkina Faso est désormais déplacée à l’intérieur du pays[5].» Dans le bassin du lac Tchad, ce chiffre se multiplie par trois. D’autres fuient vers l’Europe qui leur ferme la porte au nez et les livre au ventre de la Méditerranée[6]. Des millions d’enfants meurent de faim et sont déscolarisés. Les populations manquent de tout. Que fait la CEDEAO quand l’espace sous autorité échappe à son contrôle ? A-t-elle procuré la sécurité au Mali ? A-t-elle assouvit aux besoins fondamentaux des populations ? Qu’a-t-elle fait pour que les peuples l’accepte comme une autorité supranationale ? « Rien », comme le dirait Jean-Marie Adiafi!  De quel droit le Léviathan se prévaudrait-il pour sanctionner le peuple, alors qu’il est incapable de remplir sa part du contrat social ? La CEDEAO creuse chaque jour le tombeau de sa fragile légitimité. Le peuple se dressera comme un seul homme pour faire respecter les sanctions et le décisions prises par la CEDEAO, le jour où celle-ci prendra ses responsabilités en agissant dans l’intérêt des peuples. En français facile, la CEDEAO pour être crédible doit montrer qu’elle travaille pour les intérêts du peuple. Le premier et le plus important de ces intérêts est la sécurité : les pays membres de la CEDEAO doivent se mettre ensemble et nettoyer toute l’Afrique de l’Ouest de la pègre terroriste et de ses soutiens. Si la CEDEAO avait envoyé des soldats au Mali pour empêcher ce pays de sombrer dans le chaos, elle aurait automatiquement autorité à sanctionner le Mali. Mais ce qu’elle fait aujourd’hui est une trahison. Elle trahit le peuple malien. Elle trahit l’Afrique. Alors elle doit avoir honte et la fermée !

  • Quand la CEDEAO s’allie à son propre l’ennemi pour s’abattre elle-même

La CEDEAO s’allie à son propre ennemi pour s’abattre. On pourrait nous objecter une certaine exagération, ou d’avancer des accusations fallacieuses ! Nous plaidons coupables : cette affirmation a pour unique but de détruire les plans machiavéliques ourdis contre l’Afrique de l’Ouest. Et pour preuve : la CEDEAO a pris des sanctions contre les dirigeants du Mali. Et quelques jours après nous apprenons qu’« Après la Cedeao (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest), c’est au tour de l’Union européenne de prendre des sanctions contre la junte au pouvoir au Mali.[7]» En d’autres termes, l’Union Européenne se sert de l’alibi offert par la CEDEAO sur un plateau pour bien poser son genou sur la nuque du peuple malien. Malgré les cris du peuple malien « Nous ne pouvons plus respirer. Nous ne pouvons plus respirer. Nous ne pouvons plus respirer[8].», l’Europe toute honte bue continue, comme c’est le cas depuis cinq siècles, de broyer avec délectation l’Afrique, qui, haletante, soupire faiblement « Je ne peux plus respirer. Je ne peux plus respirer. Je ne peux plus respirer. » Pauvre Afrique, livrée à l’ennemi par ses propres enfants.

Pour nous en convaincre, donnons la parole à diplomatie belge pour nous expliquer ce que sont des sanctions. Sur le site web du gouvernement belge, on peut en effet lire cette longue citation : « Les sanctions sont un instrument de nature diplomatique ou économique, qui cherche à induire un changement dans des activités ou des politiques telles que des violations du droit international ou des droits de l’homme, ou des politiques non conformes à l’État de droit ou aux principes démocratiques.

Les sanctions peuvent viser tant des gouvernements de pays tiers, que des entités non étatiques, des entreprises ou des individus (tels que des organisations terroristes et des terroristes). Elles peuvent prendre la forme d’embargos sur les armes, de restrictions commerciales générales ou spécifiques (interdictions d’importation et d’exportation), de restrictions financières comme un gel des avoirs, de restrictions en matière d’admission (interdiction de visa ou de voyage) ou d’autres mesures, le cas échéant. Les sanctions qui visent un pays donné peuvent également avoir des conséquences pour des pays tiers, ou pour leurs entreprises et sociétés.

Au cours des années, les sanctions générales dites aussi globales ont été remplacées par des sanctions plus ciblées. En effet, il est apparu, par exemple, que les boycotts économiques généralisés pouvaient avoir un impact négatif sur les conditions de vie de la population mais que, simultanément, ces sanctions affectaient à peine les intérêts des instigateurs du conflit. D’où le développement de sanctions dites « intelligentes » : des mesures visant à influencer le comportement d’individus exerçant un rôle négatif majeur dans une situation conflictuelle. Ainsi, par exemple, la décision de geler les fonds de ces personnes ou de leur refuser un visa si elles souhaitent voyager[9].» Il apparait clairement que les sanctions sont un moyen détourné pour faire la guerre à un adversaire sans utiliser les armes. Les sanctions économiques tuent efficacement. Les exemples des sanctions injustes européennes[10] contre le Zimbabwé, en Iran, RDC montrent les degrés de nocivité ces dernières. Elles (les sanctions) clouent les pays à terre et annihile tout progrès social et économique. Ce que la guerre fait avec des détonations de bombes, les sanctions le réussissent mieux dans un silence apocalyptique.

Confronté aux groupes terroristes ou à une rébellion armée, un pays sous sanctions pourrait ne pas être en mesure de se procurer des armes pour se défendre. Sans avoir besoin de le dire, une telle sanction est un soutien aux terroristes. L’union Européenne, avec la France à la manette, a imposé de telles sanctions à certains pays africains de son pré carré.

Désormais, l’Union Européenne et la France se cachent, tels des rats, derrière la CEDEAO ou l’Union africaine pour imposer des sanctions aux pays noirs. Comme le dit le proverbe : « Le sorcier n’entre dans une maison que s’il y bénéficie de complicité interne. » L’Europe et la France sont les ennemis historiques de l’Afrique de l’Ouest. L’Europe coalisée a pillé, tué, détruit, colonisé l’Afrique. Elle est l’ennemie, qui pourrait, peut-être, un jour devenir une amie ou du moins une alliée. Hélas, elle n’a encore rien faire pour mériter la confiance des peuples d’Afrique. Bien au contraire, les agissements de certaines entités négatives sur le continent ne font l’ombre d’aucun doute : ces pays européens veulent une Afrique désarmée, une Afrique faible, une Afrique sans leadership. Donc une Afrique à nouveau exploitable. La CEDEAO ne devrait donc pas se muer en complice de la concession pour détruire la maison et faire entrer le sorcier.

En conclusion

L’Afrique est perdue à jamais, si ses politiciens pensent que leurs décisions sont bonnes quand elles sont applaudies par nos bourreaux d’hier et d’aujourd’hui. Les beaux textes de nos organisations régionales, sous-régionales et continentales doivent s’adapter à la réalité : la direction qu’indiquent les peuples ! Toutes les sociétés se sont construisent ainsi. Au lieu d’imposer des élections au peuples du Mali, il vaudrait mieux l’aider à récupérer l’intégralité de son territoire. Si les élections à elles seules étaient l’élixir à tout faire, le Burkina Faso serait en paix. Malheureusement, ce pays s’enfonce chaque encore plus dans les ténèbres. Que fait la CEDEAO ? Rien. En Côte d’Ivoire, un imposteur s’est emparé du pouvoir par la force, y a changé la constitution, a violé violemment sa propre constitution et brigue actuellement un troisième mandat. Qu’a fait la CEDAEO ? Rien. En Guinée, idem. Qu’à fait la CEDEAO ? Sanctionner le peuple guinéen qui a repris le pouvoir des mains de l’usurpateur ! Si la CEDEAO continue sur cette lancée, si elle continue de scier, aidée par son propre ennemi, la branche sur laquelle elle est assise, la chute sera brutale et le réveil cauchemardesque : l’Afrique de l’Ouest se retrouvera dans les chaînes en acier et les Africaines et les Africaines de l’Ouest auront à nouveau leurs dos lacérer par les coups de fouets du maître européen dans nos mines d’or, de diamant, de terres rares etc.

 

Auteur : Akéouli Baoum

[1] https://akeouli.net/quest-ce-qui-mine-la-cedeao/

[2] https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/démocratie/23429

[3] https://www.aljazeera.com/news/2005/10/2/timbuktu-manuscripts-go-on-display

[4] https://www.senat.fr/rap/r13-104/r13-1041.pdf

[5] https://www.unhcr.org/fr/news/briefing/2021/7/60fa9509a/nombre-personnes-forcees-fuir-violences-cours-burkina-faso-atteint-niveau.html

[6] https://www.france24.com/fr/émissions/reporters/20210723-quand-l-europe-ferme-les-yeux-vie-et-mort-en-méditerranée

[7] https://www.courrierinternational.com/article/opinion-apres-les-sanctions-de-lue-contre-la-junte-les-maliens-risquent-de-trinquer

[8] https://www.dw.com/fr/manifestation-contre-la-présence-militaire-française-au-mali/a-56285769

[9] https://diplomatie.belgium.be/fr/politique/themes_politiques/paix_et_securite/sanctions

[10] https://www.sanctionsmap.eu/#/main

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