Le fils de la paysanne
Source: https://reckyamadougou.com

L’hymne à la « bambine »

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L’hymne à la « bambine »

 

Réveille-toi et sors de la caverne bamboula

Ouvre tes yeux clos restés fermés sans éclat

Bamboula quels sont tes faits d’armes ?

Toi qui causes sans arrêt pleures et larmes.

 

Piètre griot, beau-parleur, klébé-laudateur

Au nom de la bambine éternelle face aux cieux

A elle, la bambine, le Dahomey dut sa grandeur

A toi, bamboula, il dut, doit encore sa perte et son état crasseux

 

Les seins cambrés, les tétons durs comme l’acier

Les armes à la main, utilisant leurs poitrines comme bouclier

Le torse bombé de fierté, de rage et d’amour pour la terre mère

Tata Adjatchè Sukpo, « une bambine », terrorisa l’ennemi et rendit le Dahomey fier

 

Réveille-toi et sors de la caverne Bamboula.

Ouvre tes yeux clos restés fermés sans éclat.

Bamboula quels sont tes faits d’armes ?

Toi qui causes sans arrêt pleures et larmes

 

J’implore la force de ma mère, aussi une bambine ?

Oh, comme l’Afrique était prospère et protégée par ses bambines

Les amazones, nos minons, de leur sang arrosèrent les plantes de la résistance

Qu’as-tu fait ? bamboula ? Tué Ghézo, dans le dos, trahi Kondo, vendu à la France ?

 

Par la terre rouge de nos ancêtres, écoute la voix de Candace

Rome, le rapace, trembla et recula sous son fer, sa détermination, son audace

Son courage subjugua l’armée de César, son corps fut l’agneau de l’offrande

Pour défendre l’Afrique, l’intégrité de notre terre sacrée, et sans prébende

 

Réveille-toi et sors de la caverne Bamboula.

Ouvre tes yeux clos restés fermés sans éclat

Bamboula quels sont tes faits d’armes ?

Toi qui causes sans arrêt pleures et larmes

 

Ô Yaa Nana Assantéwa, pardonne mon intrusion lyrique

Alors que tous les hommes, au son des canons britanniques

Se réfugièrent sous les jupes des bambines, toute honte bue

Vénérée mère, tu crias haro sur l’infâme, combattis avec hargne le pus

 

J’entends encore les flammes ravageant le corps martyrisé de Kimpa Mvita

Kimpa Mvita, le regard ferme, le Kongo étreint avec volupté

Chantonna le chant de la liberté, l’hymne à l’humanité

L’hymne, telle une onde au-dessus de la forêt de Moabi, se diffracta

 

Bamboula, des bambines, je t’en citerai toute une éternité

De légendaires, telles Harriet Tubman, Efunroye Tinubu,  Nzinga

D’ordinaires, braves paysannes, commerçantes, mères au foyer, fonctionnaires et employées

Elles portent l’Afrique sur leur dos, et chaque jour avec encore plus de fierté

 

Alors bamboula, tais-toi!

 

Auteur : Akéouli, le fils d’une « bambine »

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