Le fils de la paysanne

Le franc CFA : le fouet létal du dernier maître esclavagiste de la terre?

Par les temps qui courent, le débat autour du franc CFA fait rage en Afrique, dans la diaspora africaine et en particulier en France. Des intellectuels de tous horizons, des activistes de la société civile et les populations se sont saisis de la question que l’on feint découvrir. Pourtant, le débat avait été ouvert avant la libération des pays africains de l’oppression et de l’occupation coloniales européennes. Ce fut un débat sanglant entre les années avant les indépendances et les deux premières décennies suivantes. Ce débat a fait place à un statu quo pervers basé sur la mensongère illusion que tout allait bien.

Les pays africains utilisateurs du francs CFA représentent les dernières plantations où des esclaves noirs travaillent encore pour la France ! Des millions d’Africaines et d’Africains vivant dans cette région du monde travaillent encore dur, très dur, mais pour un maître esclavagiste : la France. Les classements mondiaux successifs sur l’indice du développement humain en sont une illustration. Pendant que le reste du monde s’enrichit, les pays africains dits francophones s’appauvrissent chaque jour qui se lève. Dans ces pays, l’on enregistre également une longévité recorde des dirigeants politiques au pouvoir. C’est la zone des « hommes forts » ! Mais ces présidents, ces hommes forts, ne sont rien d’autres que des contre-maîtres, des gardiens de plantations qui, chaque jour, veillent sur les plantations du maître français en étouffant toute volonté de liberté et de prospérité des populations esclavagisées et sauvagement exploitées. Comme si cela ne suffisait pas, la région a connu et connaît encore le plus grand nombre de coups d’États, de rebellions, d’interventions militaires d’armées étrangères, française en occurrence, pour soit chasser les contre-maîtres désobéissants, soit pour empêcher les peuples de remettre en cause les contre-maîtres. Depuis quelques années le saint graal de l’insécurité (le terrorisme islamiste) sert de prétexte au maître esclavagiste pour étouffer dans l’oeuf toute idée de liberté et de progrès des peuples africains.

Aussi, comme par hasard, c’est la région des pays utilisateurs du franc CFA et de ses voisins immédiats qui contribue le plus au contingent constituant les effectifs des jeunes candidats à l’immigration vers l’Europe. Hier forcés par la violence et le fouet à monter sur les bateaux pour travailler gratuitement pour l’Europe dans le « nouveau monde », aujourd’hui, c’est la pauvreté, l’atmosphère étouffante des plantations (des néo-colonies) qui pousse la jeunesse dynamique du « continent noir » à prendre les routes de l’exode vers l’Europe. Ce pourrait-il que tout ceci st lié au franc CFA ? C’est à cette question que vont répondre une série d’hypothèses que nous allons examiner ici.

1. Le franc CFA, source de pauvreté et de mauvaise gouvernance ?

Nous ouvrons cette analyse à dessein par cet aspect du problème. Tous les spécialistes de l’Afrique disent que le terrorisme, l’immigration, les rebellions, la gueule de bois ambiante sur le continent noir sont dues à la pauvreté qui, elle, est la fille de la mauvaise gouvernance.

Quand on observe l’évolution du développement des pays africains, il saute aux yeux que les pays, dits francophones, sont les derniers de la classe. Une force négative invisible semble freiner l’élan vers la prospérité de ces pays.

L’argument qui est parfois avancé par l’élite politique occidentale, surtout française, pour expliquer le manque de développement en Afrique, c’est le taux de natalité. On nous explique dans des acrobaties idéologico-scientifiques que les femmes africaines feraient tellement d’enfants que les taux de croissance certes élevés ne suffiraient plus à apporter le bonheur à tous. Bien que l’on dispose de contre-exemples hors du continent africain qui pourraient détruire cet argument (voir le développement fulgurant de la Chine, hier elle aussi victime de la même propagande démographique), il serait injuste de se servir des autres pour se donner conscience. Restons donc en Afrique noire. Comparons deux pays : le Gabon (267,667 km2) et le Ghana (239,567 km2) qui ont à peu près la même taille.

Le Ghana, en 1960 avait une population d’environ 6.848.295 d’habitants. Cette population a atteint 29.767.108 d’habitants aujourd’hui selon l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke au Canada. Contre tout attente, le Ghana n’a pas vu le PIB par habitant de son pays se réduire à cause la croissance de sa population. Bien au contraire. En 1960, le PIB du Ghana était de 1,217 Milliards de Dollars. En d’autre mots, à peu peu près 7 millions d’âmes devraient se partager une richesse est à 1,217 Milliards de Dollards. Chaque ghanéenne et ghanéen avait environ 174 Dollors par tête. En 2018, le PIB est de 65,556 Milliards de Dollars. Comme l’on peut le constater, la croissance de la population n’a pas empêché la croissance économique. Bien au contraire. Le Ghanéen est devenu plus riche avec environ 2200 Dollars par tête. Il faut noter que le Ghana n’a conquis aucune autre nation. La création de richesse s’est faite grâce à la force de travaille du peuple ghanéen. Cette précision a tout son sens !

Contrairement au Ghana, le Gabon est un pays peuplé de 500,928 habitants en 1960. En 2018, la population gabonaise s’élève à 2119275 habitants. C’est également un pays doté de ressources naturelles importantes : pétrole, uranium et bois, pour ne citer que ces trois produits. Le Gabon produit du pétrole depuis les années 1960. En plus du pétrole, le pays exploite aussi de l’uranium et du bois très tôt. Le Gabon aurait pu être comme le Qatar ou plus. Mais, ce pays riche en matières premières et pauvres en population est aussi pauvre que les autres pays africains. En suivant la logique de ceux qui soutiennent que la croissance démographique serait la base du retard de l’Afrique noire, le Gabon devrait être un pays surdéveloppé aujourd’hui. Malheureusement, cela n’est pas le cas. La Gabonaise est pauvre. Le Gabonais aussi. Selon les chiffres de la Banque Mondiale, le PIB du Gabon était de 141468977,57 Dollars. Grâce à faiblesse de la population, chaque Gabonaise et chaque Gabonais étaient riche de 330 Dollars en 1962. En 1980, la Gabon et la Ghana avaient á peu près le même PIB : 4 Milliards de Dollars environ. En 2019, le PIB du pays est évalué à 16,658 Milliards de Dollars et le Ghana passe à 66,984 Milliards de Dollars. Evidemment, toujours grâce à la faiblesse de la population, le Gabon peut se vanter d’appartenir à la catégorie de « pays à revenu intermédiaire ». Les Gabonais sont riches de 7210 Dollars par tête, du moins théoriquement. Car la mauvaise gouvernance, la corruption et la dictature ont concentré la richesse du pays entre les mains d’une caste. Dans un rapport publié par Unicef en 2017, on peut lire : « La pauvreté se situe à 33,4%, tandis que l’extrême pauvreté concerne 8,2% des gabonais, soit une légère aggravation par rapport à 2005, due à la forte disparité dans la répartition des richesses (EGEP 2017) ». Il est claire que les richesses ne profitent pas à tous. Le rapport continue plus loin en parlant de la pauvreté et de l’inégalité des chances des enfants selon leur origine : « L’incidence de la pauvreté est deux fois plus élevée chez les populations autochtones (70 %) que dans le reste de la population (33 %). Comparé aux enfants issus des autres groupes, un enfant autochtone a dix-huit fois moins de chance d’accéder à un niveau d’éducation secondaire (4,4 % contre 80 %). » Alors où va l’argent des Gabonais ? La mauvaise gouvernance, nous dira-t-on. Mais comment mesure-t-on cette chose ? En tout cas, en comparant le Ghana au Gabon, on constate que le premier a connu plusieurs alternance politiques au sommet de l’État. A un tel point qu’aujourd’hui plusieurs anciens présidents ghanéens vivent paisiblement au Ghana. Au Gabon, le tableau est sombre : le pays a connu trois présidents depuis les indépendances. Omar Bongo prend le pouvoir en 1967 et meurt au pouvoir le 8 Juin 2009. Son fils lui succède et est aux affaires au moment où s’écrit cet article.

Pourquoi ce qui est possible au Ghana ne l’est pas au Gabon ? Et si le franc CFA était l’élément clé de la situation au Gabon. Le tableau peint du Gabon est le même en Centrafrique, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Niger, ou au Tchad. Ces pays ont connu ou connaissent encore des dictatures, des économies non dynamiques. En sus de ceci, le Niger, le Tchad et la Centrafrique sont les plus pauvres de l’Humanité. Peut-on sérieusement dire que le système du franc CFA est étranger à la situation dans ces pays ? Ce qui ressemble à une question hypothétique a malheureusement une réponse moins hypothétique : après les indépendances nominales des pays africains francophones, ils ont travaillé pour la France. La France a reçu la totalité ou la moitié des ressources financières issues des sueurs des peuples appauvris. Pour construire des écoles, pour acheter des machines industrielles, pour échanger avec le reste du monde, les devises que la France confisque aux pays francophones sont indispensables. Et les économistes nous apprennent que c’est avec une bonne éducation et une industrie forte que l’on crée de la richesse. La situation actuelle est directement liée à la main-mise française. Les pays africains francophones occupent les dernières places du classement de l’Indice du Développement Humain (IDH). Une chose qui n’est pas étonnante, car l’esclave travaille pour la prospérité de son maître !

2. Le franc CFA, source de l’instabilité politique ?

Dans un article publié le 18.01.2019, radio Canada recense 204 coups d’États commis en Afrique. Deuxcartes de Jonathan M. Powell University of Central Florida montrent la répartition de ces coups d’États sur le continent berceau de l’humanité.

Carte 1: Source :https://www.jonathanmpowell.com/coup-detat-dataset.html

La première carte montre les coups d’États survenu de 1950 jusqu’à la fin de guerre froide. Les pays de tendance communiste ou souverainiste semblent avoir été particulièrement touchés. Aussi faut-il remarquer que les pays francophones ou leurs voisins immédiats sont généralement plus exposés. Cette remarque s’accentue sur la deuxième carte.

Carte 2: Source: https://www.jonathanmpowell.com/coup-detat-dataset.html

La deuxième carte met en lumière les pays touchés par les coups d’États. Plus la couleur rouge est foncée, plus il y a eu de coups d’États. Le contraste devient très saisissant : les pays francophones remportent le trophée. Un pays, jusque-là épargné, car il avait avait à sa tête un dictateur docile et favorable aux intérêts français, entre dans la danse : il s’agit la Côte d’Ivoire après la mort de Félix Houphouët-Boigny. Mais que nous apprennent ces deux cartes ? Elles nous rappellent que la déstabilisation du continent est liée à des enjeux extérieurs au continent, mais avec toujours pour finalité le contrôle du continent noir, ses ressources, ses femmes, ses hommes et ses enfants.

La preuve est que depuis la fin officielle de la colonisation dans les années 1960, les pays utilisateurs du franc CFA ont connu et connaissent encore une vie politique très agitée où s’alternent coups d’États et intervention militaires de la France. Commençons par le plus emblématique pays illustratif de la situation : la Centrafrique. Ce pays a à peu près la même superficie que la France métropolitaine, mais avec une très faible population : environ 5 millions d’habitants. La Centrafrique est, comme nous l’avons dit plus haut, l’un des plus pauvres de l’humanité. Et pourtant, ce pays est riche en ressources naturelles et est célèbre pour ses diamants. La Centrafrique a été politiquement instable depuis 1959. C’est à cette année, peu avant l’indépendance officielle du pays, que meurt Barthélemy Boganda, le premier président du pays. David Dacko monte au pouvoir. Aidé par la France, Jean-Bedel Bokassa fait un coup d’État, prend le pouvoir à l’aube de l’année 1965. Le 4 décembre 1976, Bokassa s’auto-proclame Bokassa 1er, empereur de l’empire centrafricain. La France organise un coup d’État en Septembre 1979 contre l’empereur et remet David Dacko en scelle. Depuis, la situation n’a pas changé. Les crises se succèdent dans ce pays. A l’heure où sont écrites ces lignes, la guerre fait rage dans ce pays.

Le Mali, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Togo, le Gabon, le Burkina Faso, le Niger, le Tchad, tous anciennes colonies françaises ont été, soit victimes de dictatures, de guerres civiles, soient de rebellions, de coups d’Etat. Aujourd’hui, plusieurs pays utilisateurs du franc CFA sont la proie du terrorisme. Peut-on y voir des liens ?

3. Le franc CFA : source du terrorisme en Afrique ?

Cette question peut paraître à première vue absurde. Mais une observation des activités terroristes sur le sol africain pousse à nous la poser sérieusement. Regardons ensemble les pays touchés par les attaques terroristes en Afrique. Sur les infographies ci-dessous, il y a deux cartes et qui indiquent clairement les pays dans lesquels la France intervient pour « combattre le terrorisme ». Sur les deux infographies, on peut voir les moyens militaires déployés par la France et les missions. Et comme par hasard, le Mali, le Niger, le Tchad, le Burkina Faso, toutes anciennes colonies françaises accueillent les troupes d’occupations françaises. Mais le terrorisme ne frappe pas que les pays cités : le Nigéria et le Cameroun subissent également les attaques terrorisme. La Côte d’Ivoire est aussi entrée dans la danse avec deux attaques terroristes. Au Mali, malgré les troupes des Nations Unies, les armées nationales et internationales, les soit disant « djihadistes » gagnent du terrain. On observe une expansion des foyers de tension au fur et à mesure que les troupes étrangères s’installent. Même les pays tels le Bénin ont connu leur premier fait terroriste avec l’enlèvement de deux français et leur guide béninois dans le parc national de la Pendjari le 1er mai 2019. Ils seront libérés quelques jours plus tard comme le rapporte le journal Le Figaro. Malheureusement, le guide béninois a été retrouvé mort. Cet enlèvement en terre béninoise fait partie d’une suite du même genre à travers les pays d’Afrique de l’ouest. La France est intervenue toutes les fois pour libérer les otages, soit par la négociation, soit par la force militaire française.

À ceux qui critiquent les interventions et les bases militaires françaises sur le sol africain, la France rétorque qu’elle agit pour protéger ses ressortissants. Cet argument qui revient à toutes les interventions militaires françaises en Afrique, loin de dédouaner la France des frasques répétitives de son armée, appelle une série de questions : pourquoi c’est dans l’espace des pays anciennement sous domination française que les enlèvements de français et d’occidentaux se produisent ? Pourquoi les pays africains concernés, des décennies après avoir officiellement chassé l’oppresseur français, sont incapables de se prendre en charge et d’assurer par eux-même leur sécurité et leur défense ? Comment expliquer le manque de moyens militairespour lutter efficacement contre les terroristes et tous les groupes armées qui polluent l’espace francophone et ses voisins ? Pourquoi c’est la France qui vient jouer les gendarmes dans les pays autrefois occupés par elle ? D’où les groupes terroristes tiennent-ils leur financement et leur armement ?

Source 1.: https://www.defense.gouv.fr/portail/rubriques-complementaires/recherche-avancee?q=sahel

Comment un pays au budget déficitaire comme la France peut-il se permettre une présence militaire de longue durée sur le sol africain ? La réponse à ces questions n’est pas simple. En se les posant, l’on remarque une constante : le franc CFA. Il faut de l’argent, surtout le devises pour s’équiper militairement comme industriellement. Les devises des pays francophones étant logés en France, les pays ne peuvent s’équiper sans passer par la France. En créant le G 5 Sahel, les pays africains ont espéré naïvement que la France et la « communauté internationale » allaient mettre des moyens à leur disposition afin qu’ils combattent eux-même les terroristes. Mais la France contrôlant le porte-monnaie fait promener les États du Sahel de sommet en sommet où on leur promet monts et merveilles.

Source 2.: https://www.defense.gouv.fr/operations/barkhane/dossier-de-reference/operation-barkhane

Mais dans les faits, la volonté d’autodétermination des du Sahel en guerre est foulée dans la boue. Pour s’en convaincre, il faut juste jeter un coup d’oeil sur les deux infographies et les déclarations des hommes politiques français. D’abord de juillet 2019 à février 2020 la France a renforcé ses moyens militaires dans le cadre de l’opération Barkhane. Ensuite, la France fait appel aux autres pays européens pour l’assister dans la guerre qu’elle mène au Sahel. Dans un communiqué disponible sur le site du ministère de la défense française, on peut lire : « Considérant que la situation sécuritaire au Mali, et, plus largement, au Sahel, est toujours préoccupante, l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, l’Estonie, la France, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, la République Tchèque, le Royaume-Uni et la Suède ont convenus de mettre sur pied, sur invitation du Président de la République du Mali, Son Excellence Ibrahim Boubacar KEITA, et du Président de la République du Niger, Son Excellence Mahamadou ISSOUFOU, une task force pour assister les forces armées maliennes dans la lutte contre les groupes terroristes et d’appuyer les efforts actuellement déployés par l’opération Barkhane et la Force conjointe du G5 Sahel. L’ensemble des engagements militaires au Sahel, et en particulier Takuba, s’inscrivent dans une approche plus globale de promotion de la sécurité et de la stabilité dans la région. Takuba s’inscrira donc au sein du premier pilier « combat contre le terrorisme » de la « Coalition pour le Sahel », nouveau cadre annoncé lors du sommet de Pau ayant pour objectif de rassembler de manière cohérente les différentes actions menées sur place. Les ministres ont reconnu que les réponses à la menace terroriste au Sahel n’étaient pas exclusivement militaires.» Quand on lit ces lignes, on est tenté de croire que ce sont les présidents du Mali et du Niger qui ont invité officiellement les armées européennes à occuper leurs territoires à travers la « task force Takuba ». On croirait en lisant le communiqué que les armées africaines feraient partie de la task force, puisqu’elle émane de la volonté du Niger et du Mali. « La Task Force Takuba sera placée sous le commandement de l’opération Barkhane et opèrera dans la région du Liptako. Elle sera principalement composée de forces spéciales européennes soutenues par des moyens essentiels fournissant un haut niveau d’autonomie. En claire, plusieurs armées étrangères s’installeront au Sahel pour combattre des djihadistes, sans rendre compte aux pays qui ont officiellement initié et autorisé leur présence (N’est-ce pas la recolonisation de l’Afrique qui est lancée avec la bénédiction de quelques présidents marionnettes de la France ?). Comme nous l’avons dit plus, ce n’est pas ce que veulent les pays africains. Le pouvoir dont dispose la France dans cette région pourrait s’expliquer par le fait qu’elle contrôle la monnaie des pays en question. Le franc CFA, dans ces conditions, au lieu d’être l’outil qui sert les pays francophones, les ligote et ne leur donne aucune possibilité d’action face à l’urgence terroriste. Le franc CFA pourrait aussi être l’atout dont dispose la France dans cette région. Serait-ce le socle financier qui lui permet de se projeter dans la région ? En tout cas, l’histoire de la conquête coloniale montre que la monnaie est la meilleure compagne de la campagne militaire.

En conclusion, l‘Eco et le franc CFA

Sur le site de la BCEAO (banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest), on peut lire «21 décembre (1851) – Le décret portant création de la Banque du Sénégal est signé par Louis Napoléon BONAPARTE. Son capital, fixé à 230.000 F est formé du prélèvement du 8e, opéré sur l’indemnité accordée aux colons, par suite de l’abolition de l’esclavage, et des arrérages échus de l’inscription de rente représentative de ce prélèvement. » Le franc CFA est donc une progéniture issue du vampirisme exercé sur les ancêtres des Africains vivants en Afrique et dans la diasporas. Le fouet du maître esclavagiste français risque de lui échapper avec la création en vue de la nouvelle monnaie commune en Afrique de l’ouest : ECO. C’est pour cette raison que la création de cette monnaie rencontre le courroux de la France. Elle (la France) entreprend tout pour l’échec du projet qui briserait la chaine de ses esclaves du 21e siècle et mettrait en lambeaux son fouet magique.

Répétons-le : le sabotage en cours de la création de la monnaie communautaire dans l‘espace CEDEAO (communauté économique des États de l’Afrique de l‘ouest) par la France et ses hommes de main prouve, s‘il en était encore besoin, que le franc CFA est le fouet du dernier maître des esclavagiste. Une monnaie que la France ne contrôlerait plus lui enlèverait de facto l‘usage du fouet. Or l‘esclave n‘obéit à son maître que parce que ce dernier tient le fouet. Dès que le maître perd le fouet, il perd son esclave.

Par ces temps qui courent, où les Noirs du monde entier exigent qu‘on leur reconnaissent et restitue leur humanité, la position française en Afrique est intenable. La jeunesse africaine ne peut et ne veut être l’esclave de personne. S‘entêter dans les mêmes politiques qu‘au 19ème siècle, en invitant d‘autres pays européens en Afrique afin de maintenir par la force, les pays francophones dans la servitude, en imposant une monnaie coloniale, est une erreur monumentale : la jeunesse africaine a de la mémoire. Tous les acquis et privilèges dont la France bénéficie dans les pays francophones africains risquent d’être remis en cause. A vouloir tout gagner, on finit par tout perdre.

Auteur: Akéouli Baoum, le fils de la paysanne

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